Deux policiers condamnés pour des violences à Saint-Denis
Article repris tel quel du site du Monde (paru dans l'édition du journal Le Monde du 25.01.07)
Deux policiers condamnés pour des violences à Saint-Denis
La 11e chambre du tribunal correctionnel de Bobigny a condamné, mercredi 24 janvier, deux des trois policiers accusés d'avoir frappé des habitants de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), en 2001, lors d'une intervention de police sur la voie publique.
Thierry Jean, actuellement formateur aux techniques d'intervention, se voit attribuer la peine la plus lourde : trois mois de prison avec sursis et 8 000 euros d'amende. Lucien Tel est condamné à un mois de prison avec sursis et 6 000 euros d'amende. A l'audience du 23 novembre 2006, le ministère public avait requis à leur encontre, respectivement, deux mois de prison ferme et deux mois avec sursis. Le troisième policier, Sylvain Ghesquière, a été relaxé. Le parquet avait requis contre lui quatre mois avec sursis. Les trois hommes étaient poursuivis pour "violences par personne dépositaire de la force publique".
Le 17 octobre 2001, des habitants avaient été mis à terre et menottés, frappés à coups de pied ou de matraque par des policiers. Un mineur avait eu le nez cassé. Ces policiers étaient venus aider des collègues dépassés par un contrôle d'identité sur la dalle de la place du Caquet, un lieu réputé "chaud" du centre de Saint-Denis, et qui commençaient à être pris à partie.
A l'audience, les trois policiers avaient nié être les auteurs des coups. Leur avocate avait plaidé la relaxe, tentant de jeter le discrédit sur les récits "incohérents", selon elle, des victimes, deux jeunes alors mineurs, la mère de l'un d'eux et une voisine.
Les débats avaient permis de souligner la confusion dans laquelle 33 policiers étaient intervenus après l'appel radio à l'aide d'une jeune adjointe de sécurité. "Au lieu de calmer les choses, on interpelle, on frappe et on met dans le panier à salade sans discernement. C'est ubuesque", avait estimé la procureure, Camille Hennetier, pour qui la réponse policière a été, ce jour-là, "disproportionnée", alors que, selon elle, la situation "n'était pas incontrôlable".
Yves Bordenave (avec AFP)