"Français : votez pour moi" du lundi 5 mars

Publié le par Néness

Le 5 mars dernier sur France 3 a eu lieu l'émission "Français : votez pour moi". Avec de gauche à droite Besancenot (LCR), Ayrault (PS), Copé (UMP) et de Villiers (MPF). On n'a pas atteint des sommets de politique... Cela étant dû au moins autant aux politiques prenant la parole pour faire autre chose que de la politique, qu'au format de l'émission, saccadé, entrecoupé de petits reportages très intéressants, mais coupant tous les dialogues entre protagonistes. Copé en particulier a fait presque tout sauf de la politique. Il a plutôt tenu le rôle de mitraillette, tirant sur tout ce qui bougeait (les trois autres invités), plutôt que pour discuter des vrais problèmes des Français. La meilleure défense étant sans doute l'attaque pour un parti qui sort de plusieurs années de pouvoir et dont le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'a pas brillé dans de nombreux domaines (t'as vu, j'y vais doucement quand même hien...) comme le chômage, la réduction des inégalités, le logement, l'insécurité, le maintien des services publics, les rémunérations, le pouvoir d'achat, la protection sociale et de l'environnement... enfin dans tous les domaines quoi. Et qui préfère attaquer les autres, quitte à être vraiment de mauvaise foi, plutôt que de se faire attaquer, et donc qui lance les hostilités pour les porter sur un terrain avantageux pour lui... pour faire oublier son bilan catatrophique...

On a tout de même pu entendre des choses intéressantes... A part Besancenot, personne ne s'émeut de l'explosion des bénéfices des entreprises, qui ne bénéficient pas aux salariés (mais toujours aux mêmes : ceux qui ne travaillent pas, monsieur Sarkozy, les actionnaires. Tu veux récompenser le travail, mais veux-tu le récompenser plus que l'actionnariat?), du problème des logements (le PS un petit peu, l'UMP non, Copé préférant critiquer l'illégalité de la réquisition, par des associations, de logements vides à but spéculatif des compagnies bancaires ou d'assurance, réquisition qui pourtant est une disposition de la loi, jamais appliquée depuis plus de 60 ans d'existence...) etc.
Le PS et Ayrault se "démarquent" par sa position de compromis.
Copé attaque les autres, mais c'est à peu près tout. L'UMP et lui se démarquent par des positions encore plus libérales qu'aujourd'hui (travail le dimanche, working poor si vous voulez gagnez plus, bossez plus, et si votre patron ne veut pas, prenez un deuxième boulot, ou un troisième...) Il sort que les autres pays d'Europe ont moins de smicards qu'en France parce que le temps de travail y est plus élevé (qu'on m'explique).
De Villiers est pire que tout, en critique tiède du libéralisme, mais dont les propositions sont ultra-libérales, comme "l'Etat n'a pas à fixer les horaires de travail". Français, pour gagner plus, bossez 70 heures... Il a habilement évité de répondre à la question de savoir si les travailleurs peuvent librement choisir de bosser plus dans son système sans limite.

Bref. Rien de grandiose. Rien de stupéfiant. Rien que l'on ne sache pas. La droite méprise les travailleurs et le social. Par exemple, le problème du logement n'en est pas un, quittez Paris et débrouillez vous, l'Etat ne va pas intervenir pour fixer les prix, c'est le marché tout-puissant qui le fait, on n'est pas là pour faire du "social" [définition personnelle du social : tout ce que l'Etat doit payer du fait des dégâts dus à la loi du marché (en augmentation)], les communes ne vont pas construire des logements sociaux (comme à Neuilly). La droite c'est la loi du marché. La gauche c'est , du côté du PS, encadrer si possible la loi du marché mais pas trop pour ne pas trop effrayer les patrons ou les actionnaires. L'extrême-gauche c'est non à la loi du marché si ça devient du n'importe quoi. Français, fais ton choix!

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Publié dans Politique

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