Des relents de dictature... chez nous!
Vu aujourd'hui dans la presse suisse...
Le Conseil Fédéral veut légiférer sur ce qui touche à la recherche sur l'être humain. Le peuple aura le dernier mot par référendum.
Que propose le Conseil Fédéral? Entre autre de contraindre des personnes incapables de discernement à participer à une recherche, "pour autant qu'un bénéfice sur leur santé soit attendu"... Autrement dit obliger les vieux atteints d'Alzheimer à devenir des cobayes pour les laboratoires pharmaceutiques... Dingue non? Ils proposent ça comme ça... contraindre ces gens, sans même demander l'avis de la famille par exemple?? "Pour autant qu'un bénéfice sur leur santé soit attendu" qu'est-ce que ça veut dire? Que les labos ne pourraient pas s'amuser à tester des trucs en jouant avec leur vie ou leur santé déjà déficiente? C'est déjà ça! Mais même! Un médicament testé sur ces gens devrait donc déjà avoir fait ses preuves. Comment? Pfff je sais pas. Mais même! Des médicaments censés avoir fait leurs preuves s'avèrent parfois dangereux, comme ce gel anti-VIH essayé (en Afrique hein! pas ici!) sur des personnes en bonne santé... qui leur a permis de goûter aux joies du sida (voir : http://adelante.over-blog.com/article-5555007.html)...
Non mais franchement on peut se demander si on vit encore en démocratie, ou si on est tombé dans une dictature "libéralo-nazillarde" (pour faire dans le lepénisme facile)...
Déjà qu'il y a quelques jours la police zurichoise avait interdit la diffusion par un ciné-club du film de Pasolini "Salò ou les 120 journées de Sodome". Celle-ci ayant considéré (toute seule dans son coin!!) que le film violait le code pénal qui réprime la diffusion de pornographie violente, alors même que ce code pénal prévoit une dérogation à l'interdiction d'oeuvres violentes ou pornographiques (les objets ne sont pas considérés comme tels s'ils ont une valeur culturelle digne de protection). Pire : tout possesseur d'une copie du film, pourtant archi connu et diffusé un peu partout, pouvait encourir une peine de prison.
La police s'arroge le droit, comme ça, d'être critique d'art, sans prendre en compte l'avis de la population ou des politiciens! La police au pouvoir?? Une pétition avait été lancée par des personnalités, une commission contre la censure créée, et des diffusions du film organisées dans d'autres villes... Finalement sous la pression, au bout de quelques jours (le 14 février dernier), la projection du filam avait été autorisé.
"La police est revenue sur sa décision d'interdire la projection du film dans le cadre d'une rétrospective consacrée au cinéaste. La décision d'autoriser la projection a été prise après discussion entre la police et le responsable du cinéma qui organisait la rétrospective. Des jugements dans les pays voisins montrent que la police zurichoise n'a pas assez pris en compte l'aspect artistique de l'oeuvre lorsqu'elle a décidé d'interdire le film, a indiqué la police de la ville de Zurich." (sans commentaire!)
Mais entre-temps des chrétiens fondamentalistes d'Allemagne et d'Autriche avaient profité de l'aubaine pour porter plainte contre le gérant du cinéma zurichois qui souhaitait projeter le film...
Le retour à la "morale" s'accompagne souvent d'une vision policée de la société et d'un retour à des archaïsmes dignes d'un autre âge...
En tout cas, pour ne pas laisser piétiner des acquis durement gagnés, dans cette société, il faut avoir l'inlassable volonté de tout faire pour les préserver. On peut voir comme ses acquis sont facilement remis en question par des dirigeants complètement intoxiqués par la loi du marché et du tout sécuritaire qui gambadent main dans la main sur le sentier de la consommation maximale.