Des nouvelles de Sarkozie - 30.10.07
Des nouvelles qui nous parviennent en direct de Sarkozie, petit Etat d'Europe de l'Ouest, dirigé de main de maître par un petit chefaillon teigneux et sa horde de gros bourges décomplexés :
Jeudi 25 octobre. Arnaud Lagardère est entendu par une commission parlementaire à propos de la vente en avril 2006 d'une partie de sa participation dans EADS. Jérôme Cahuzac, député du Lot-et-Garonne, interroge un M. Lagardère très enjoué : "... Et puisque vous avez parlé de l'aide que vous a apportée le ministre de l'Economie et des Finances de l'époque, M. Sarkozy, quelle fut cette aide ?"
Se tournant vers un député membre de cette commission à côté de lui, M. Lagardère, le pouce levé, se permet de plaisanter : "Alors, on a droit à un joker ici, hein, non ? un seul ?" Le député de répondre en se bidonnant : "je sais pas, c'est vous qui appréciez". M. Lagardère reprend : "eh bien, je veux bien appeler le public, appeler un ami, demander un 50/50, moi je sais pas". Et tout ce petit monde de s'esclaffer... Enfin, je te laisse voir ça :
Arnaud Lagardère est un proche du chefaillon. C'est le moins qu'on puisse dire. En avril 2005, lors d’un séminaire de l’Etat-major du groupe Lagardère à Deauville, le chefaillon, invité d’honneur, avait proclamé publiquement: «Arnaud est plus qu’un ami, un frère». Un frère sous influence, intéressé, faisant pression pour que Lagardère et Bouygues (Martin, son autre frère, parrain de son fils et témoin à son mariage) s'unissent au sein d'un groupe tout dévoué au bon chefaillon?*. Le chefaillon, alors ministre de l'économie, avait aussi aidé son frère Arnaud en facilitant fiscalement l'épineux et trouble héritage du richissime et décomplexé papa, donc, Jean-Luc Lagardère. Arnaud, l'héritier du groupe Lagardère, premier groupe de médias français, 60ème fortune française (et un plus que doublement de celle-ci entre 2003 et 2006**. On ne parle pas de 2007...) Arnaud est un membre influent de la bourgeoisie décomplexée de ce pays sans tabou qu'est la Sarkozie. Une de ses têtes de cont. De pont, oui. Enfin à voir. Car il a pu sortir par exemple : « C’est quoi l’indépendance en matière de presse ? Du pipeau. Avant de savoir s’ils sont indépendants, les journalistes feraient mieux de savoir si leur journal est pérenne. »*** Pas besoin de gratter bien loin sous le vernis de connerie pour trouver la bête mafieuse bien vivante, respirant à grandes goulées, palpitante, en pleine forme... Et ils sont encore tellement nombreux à avoir les mains collées devant les yeux, à gober les paroles divines et sacrées du petit écran omniprésent, manipulé comme pas possible, on voit tellement les grosses ficelles qui pendent du plafond... faut être aveuglé quand même...
Notes :
* http://www.liberation.fr/actualite/politiques/284094.FR.php
** http://www.quid.fr/2007/Fortune_Salaires_Et_Prix/Fortunes_Francaises/
*** Cité par Thierry Gadault, Arnaud Lagardère, l’insolent, Maren Sell éditeurs, Paris, 2006, p. 204 - Repris par Pierre Rimbert dans Le Monde Diplomatique, « Des journalistes au bord de la rébellion » (http://www.monde-diplomatique.fr/2007/02/RIMBERT/14455)