Sarkozy et le retour des cumulards.

Publié le par Néness

Un petiot article du NouvelObs pour se remettre en jambes...

Les ministres cumulards sont de retour

NOUVELOBS.COM | 22.05.2007 | 18:15

Alain Juppé, Xavier Darcos, Eric Woerth, Hervé Morin et Eric Besson peuvent cumuler portefeuille ministériel et exécutif local. D'autres ministres pourraient faire de même après les élections municipales.

Nicolas Sarkozy met au panier la règle du non-cumul entre portefeuille ministériel et exécutif local. Les cinq ministres concernés -Alain Juppé, Xavier Darcos, Eric Woerth, Hervé Morin et Eric Besson- n'auront pas à renoncer à leur mairie, a décidé le chef de l'Etat, rompant ainsi avec une pratique installée, avec quelques ratés, depuis 1997.
Selon un proche de Nicolas Sarkozy, le nouveau président n'entend pas reconduire la discipline imposée pour la première fois aux membres du gouvernement par le Premier ministre socialiste Lionel Jospin en 1997, puis reprise par Jacques Chirac à partir de 2002. [décidément tout fout le camp, même la droite et Sarkozy (tolérance zéro, l'homme de fer etc) sont laxistes... quand il en va de leur porte-feuilles... ministériel ou tout court...] Les ministres pourront donc désormais cumuler leurs fonctions au gouvernement avec un poste de maire ou de président de conseil général .

Comme Nicolas Sarkozy

Il est vrai que l'exemple vient d'en haut: Nicolas Sarkozy avait mené de front, à partir de 2005, les postes de ministre de l'Intérieur, de président du conseil général des Hauts-de-Seine et de président de l'UMP [voire plus : conseils s'administration etc. Sont pas là pour chipoter! Notre Sarko par exemple, il a été 6 ans conseiller municipal, 19 ans maire, 5 ans conseiller régional, 6 ans conseiller général (dont 2 ans vice-président et 3 ans président), 2 ans délégué national des jeunes RPR, 3 ans président du comité national des jeunes en soutien de Chirac, 2 ans secrétaire national du RPR, 4 ans secrétaire général du RPR, 3 ans porte-parole du RPR, quelques mois président du RPR par intérim, 2 ans et demi président de l'UMP, 19 ans député (14 ans effectivement député, 5 ans remplacé par des proches qui se sont désités pour lui laisser la place quand le non cumul des mandats ne menaçait pas), et 6 ans et demi ministre. Il est aussi membre du Rotary Club de Neuilly ou du polo-club de Bagatelle, président depuis 2005 de l'Établissement public pour l'aménagement de la région de la Défense (EPAD), figure parmi les administrateurs de la Société d'économie mixte de Neuilly (Semine) basée à la mairie de Neuilly qui gère des immeubles résidentiels, toujours impliqué dans son cabinet d'avocat « Leibovici - Claude - Sarkozy », un cabinet comprenant onze avocats et spécialisé dans le droit immobilier. En tout, en moins de 30 ans, il a bossé au moins 79 ans, sans compter son boulot d'avocat. J'espère que vu qu'il a travaillé "plus" il aura au moins gagné "plus"!!].
Cette décision présidentielle a de quoi réjouir le ministre de l'Ecologie [sans commentaire] et maire de Bordeaux (Gironde) Alain Juppé, le ministre de l'Education nationale et maire de Périgueux (Dordogne) Xavier Darcos, le ministre du Budget et maire de Chantilly (Oise) Eric Woerth, le ministre de la Défense et maire d'Epaignes (Eure) Hervé Morin et le secrétaire d'Etat et maire de Donzère (Drôme) Eric Besson.

Municipales en 2008

Cette décision pourrait aussi décomplexer certaines ambitions pour les municipales de 2008, telles que celles de Brice Hortefeux, qui vise la mairie de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), ou Roger Karoutchi, candidat à Nanterre (Hauts-de-Seine) [déjà qu'avec Sarko la droite était sans complexe, elle pourrait se décomplexer encore plus... j'ai hâte de les voir se vautrer dans des jacuzzis de caviar].
D'autres, qui s'étaient pliés en 2002 aux ordres du président Jacques Chirac, pourraient aussi vouloir reconquérir leur mairie. Cela pourrait être le cas de la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, qui avait dû céder son fauteuil de maire de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), ou du secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau, qui avait démissionné de son poste de maire de la petite commune de Saint-Georges-de-Didonne (Charente-Maritime).
Ce changement de jurisprudence devrait faire réagir la gauche, qui a défendu pendant la campagne présidentielle le principe du non-cumul des mandats. Ainsi, la candidate socialiste Ségolène Royal a renoncé à se présenter aux législatives dans les Deux-Sèvres pour ne pas cumuler avec sa présidence de la région Poitou-Charentes [trop honnête celle-là... la politique c'est la mafia!].

Règle non écrite

La loi sur la cumul des mandats de 2000 n'interdit pas d'être à la fois chef d'un exécutif local et ministre. Voulue par Lionel Jospin puis Jacques Chirac, cette règle non écrite avait d'ailleurs connu des ratés de plus en plus fréquents ces dernières années.
Ministre, Marie-Josée Roig n'avait ainsi jamais renoncé à sa mairie d'Avignon, tout comme Hubert Falco à Toulon. Le ministre de la Justice Pascal Clément était resté président du conseil général de la Loire, tout comme Christian Estrosi dans les Alpes-Maritimes.
Et les maires qui avaient renoncé à leur fauteuil avaient de toute façon confié ce poste à des proches, conservant la plupart du temps la place de premier adjoint au conseil municipal.

Pas de cumul ministre-député

Les onze ministres candidats aux législatives, à commencer par le Premier ministre François Fillon, candidat dans la Sarthe, ou son numéro deux Alain Juppé, devront en revanche choisir entre l'Assemblée nationale et le gouvernement, la Constitution interdisant le cumul entre fonctions exécutive et législative. En cas de victoire les 10 et 17 juin, ils confieront donc leur siège dans l'hémicycle à leur suppléant.
En revanche, gare aux perdants. Selon ce proche de Nicolas Sarkozy, ceux qui seraient battus aux législatives pourraient bien voir leur portefeuille ministériel remis en cause par le chef de l'Etat. De quoi motiver les troupes [de quoi aussi motiver les électeurs : certains fautifs qui se sont faits avoir par la légende de la "rupture" (avec Juppé, Bachelot, Alliot-Marie, Kouchner, Boutin ou Darcos...) peuvent encore se rattraper et foutre une baffe électorale bien sentie].

Des ministres cumulards. Des ministres un peu toujours les mêmes (http://adelante.over-blog.com/article-6641401.html). Des affaires (voir liens en bas). Tout cela a tout de même un curieux goût de réchauffé pour une rupture. La "rupture tranquille"???

http://www.leblogfinance.com/2007/04/thierry_gaubert.html
http://www.leblogfinance.com/2007/05/patrick_ouart_c.html

Publicité

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article