José en prison...
Ce 7 février, quelques heures après la confirmation définitive de sa condamnation à quatre mois de prison ferme (la cour de cassation a confirmé sa condamnation à quatre mois de prison ferme pour un fauchage d'OGM à Menville, Haute-Garonne, en juillet 2004), José Bové a prôné "l'unité" lors de son premier meeting de campagne à Aubagne. "Il y avait une alternative. Soit j'étais ici ce soir à Aubagne, soit j'étais au bagne. Pour moi, le choix était évident."
Le candidat-condamné a choisi l'humour pour fustiger une "condamnation politique" d'un gouvernement qui "impose des OGM que 80 % des citoyens refusent". "Cela ne me fait pas plaisir de savoir que je peux retourner en prison. J'ai une épée de Damoclès au dessus de la tête mais quand on se bat pour des idées, on se bat jusqu'au bout".
Devant une assistance "rouge-verte" de près de 1 500 personnes, le leader altermondialiste a surtout réitéré sa volonté de fédérer sur son nom les forces de la gauche antilibérale. "2007 sera marqué par l'émergence de la gauche antilibérale et unitaire dans le champ politique français. L'unité et le mouvement, cela ne se décrète pas. C'est quelque chose qui se construit", a-t-il déclaré. "C'est ce mouvement qui se développe comme une vague et va nous porter plus loin. C'est un mouvement que je ne pourrais incarner seul", a-t-il lancé, sans les nommer, aux autres candidats antilibéraux Marie-George Buffet et Olivier Besancenot.
Dans une conversation téléphonique avec le philosophe Michel Onfray, José Bové a aussi émis des regrets sur le mode uninominal de l'élection présidentielle. "On aurait préféré un nom multiple sur le bulletin de vote, plutôt qu'un nom qui rassemble tout le monde. Mais j'assume d'être ce nom pour toute la campagne"...
Des réactions à gauche (à droite c'est le néant) :
La candidate du Parti communiste, Marie-George Buffet, a qualifié la décision de la Cour de cassation de "signe de très mauvaise santé pour notre démocratie, doublé de l'échec du gouvernement dans la construction d'une confrontation publique, digne et sérieuse". "Alors que la France aurait besoin d'un grand débat citoyen sur la question des OGM et de la sécurité sanitaire, cette condamnation revient à trancher devant un tribunal ce qui relève de la démocratie", a-t-elle ajouté.
Pour la candidate des Verts, Dominique Voynet : "Cette mauvaise nouvelle est la déplorable conséquence de la stratégie de pourrissement choisie, depuis cinq ans, par le gouvernement français. Depuis 2002, aucun débat public, y compris dans l'enceinte du Parlement, n'a pu avoir lieu sur cette question." a-t-elle déploré, affirmant qu'elle continuera la "lutte contre les OGM" : "Avec les Verts, avec les faucheurs volontaires, je continuerai d'y prendre toute ma part".
Olivier Besancenot, candidat de la LCR, s'est dit "scandalisé par la condamnation infligée à José Bové, alors que les multinationales semencières n'hésitent pas à défier le principe de précaution en menant des cultures OGM en plein champ". "Il faut tout faire maintenant, tous ensemble, pour que José Bové n'aille pas en prison", a-t-il lancé.
Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, s'est dit surpris de la "sévérité des sanctions" contre José Bové. "Il y a peut être un fossé entre la nature des actes et la nature des sanctions" mais "soyons clairs, en tant que socialiste, je n'approuve pas les méthodes d'action de José Bové", a-t-il déclaré, dans les couloirs de l'Assemblée nationale.
La Confédération paysanne, syndicat dont José Bové était le porte-parole, a qualifié la décision de "recul de la démocratie". Olivier Keller, secrétaire national du syndicat agricole, a précisé que la Confédération paysanne avec d'autres organisations mènerait "certainement des actions" si finalement son ancien porte-parole était emprisonné.
Réaction chez les multinationales :
Philippe Gracien, directeur général du Groupement national interprofessionnel des semences et plants (GNIS) a estimé que la condamnation à quatre mois de prison ferme de José Bové était "un bon signe" mais attend désormais un "cadre législatif clairement défini" sur les OGM. "Les actes des faucheurs sont totalement illégaux alors que le travail des sociétés de biotechnologies, lui, est clair et important pour l'agriculture". On en pleurerait non? Les pauvres petites multinationales qui a la sueur de leur front n'ont qu'un but : aider l'humanité à se nourrir, et qui voient leurs efforts perpétuellement remis en question... faut-il leur rappeler que leur unique but est le profit (de leurs patrons et de leurs actionnaires...), et que les OGM ont été reconnus mauvais pour la santé (voir : http://adelante.over-blog.com/article-5545492.html).
Réaction chez moi :
En tout cas je ne sais pas vous, mais moi, un candidat en prison (dans ces conditions), ça pourrait être un argument supplémentaire pour voter pour lui... ça c'est du changement! On en entendrait parler de la France si Bové était élu : le premier président-prisonnier! Chirac ne sera pas ce premier président-prisonnier, puisqu'il faudra attendre qu'il ne soit plus président (et en plus on oubliera toutes les casseroles qu'il traîne : des dizaines de jugements qui vont pleuvoir sur lui, mais il s'en fout il a son imper présidentiel à vie).