Comment on descend Bové

Publié le par Néness

Voici un édito paru le 2 février dans le "24 Heures" (Suisse), en première page (je le mets en police réduite, tout de même, je ne voudrais pas en faire de la pub tout de même) :

 

Astérix Bové fait le beurre de Nicolas Sarkozy
 
COURSE A L’ELYSÉE
 L’entrée en lice, hier, du leader paysan va diviser un peu plus la gauche française.
BERNARD BRIDEL

On peut le trouver sympathique, avec ses moustaches, sa pipe et son discours altermondialiste. Encore que, ses frasques anti McDo et son discours «libertaro-écolo-gaucho» semblent bien peu adaptés pour résoudre les problèmes de la société française.
En entrant officiellement hier dans la course à l'Elysée, José Bové a certes fait un «coup» médiatique comme il les aime, mais il est à craindre que ce soit un coup dans l'eau pour ne pas dire un coup foireux.
C'est que, en ajoutant son nom – et son ego – à la longue liste des candidats d'extrême gauche et antilibéraux, Astérix Bové démontre jusqu'à l'absurde l'incapacité de cette même extrême gauche à s'unir, répétant la même erreur qu'en 2002. Dommage pour cette mouvance qui bon an mal an représente près de 20% de l'électorat hexagonal.
Il y a pire, évidemment: en semant un peu plus la division dans toute la gauche, le provocateur du Larzac fait le beurre d'un certain Nicolas Sarkozy.
Lequel n'en demandait pas tant, d'ailleurs, sa principale rivale, Ségolène Royal l'ayant déjà bien aidé, par ses bourdes, à prendre le large dans les sondages.
Reste qu'à 78 jours du premier tour, les jeux restent ouverts. En effet, la vraie campagne n'a pas encore commencé, nombre de candidats – José Bové en tête – n'ayant pas encore la garantie d'obtenir, d'ici au 16 mars, les 500 signatures d'élus nécessaires à leur participation au scrutin. Quoi qu'il en soit, il faudra attendre le soir du 22 avril pour savoir si le «peuple de gauche» aura retenu la leçon de 2002. Divisé par trop de candidats, il avait alors offert une place au second tour à Jean-Marie Le Pen

Voilà comment on décide de descendre à coup de truelles un candidat à la présidentielle! « libertaro-écolo-gaucho » ! On dirait du Le Pen avec ses « socialo-communo-gauchistes » ou autres « écolo-babacools ». C'est vrai qu'être écolo c'est une sacrée tare! Et être de gauche aussi!...

Oui, l’extrême-gauche est divisée! Elle part divisée, notamment du fait de la question de l'indépendance totale ou partielle vis-à-vis du PS... mais c'est une division de façade : et les collectifs antilibéraux c'est de la choucroute aux pruneaux?

Bové : un bon plan pour Sarkozy? J’ai déjà lu le contraire y a pas plus tard qu'hier : Bové pourrait ramener à gauche des électeurs sans parti tentés par la droite.

Et répétons encore une fois qu'en 2002, si le PS a été éliminé, c'est certainement en grande partie du fait des candidatures Chevènement (MRC) et Taubira (PRG) qui chassaient sur les mêmes terres, et qui ont fait presque 8% des suffrages... Donc pas de leçon à tirer pour l’extrême-gauche qui veut sans doute pouvoir exposer ses idées plus longtemps (temps de parole des candidats), et donc pour le «peuple de gauche»! Quel «peuple de gauche» le PS représente t-il?

A voir aussi :
http://adelante.over-blog.com/article-5483045.html
 

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Publié dans Politique

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