Dans une ambiance survoltée, les policiers seront armés de pistolets à électrochocs. Et "taser" !
Eh oui, ça y est. Le taser va très prochainement équiper 3000 policiers et 2000 gendarmes en France, a confirmé le ministère de l’Intérieur…
Le taser qu’est-ce que c’est ? Egalement appelé « pistolet à électrochocs », ce joujou rigolo lance deux projectiles qui s'incrustent dans les habits ou dans la peau à une distance de six mètres. La cible (normalement, ce sera plus qu’une cible : une personne) reçoit une décharge de 50 000 volts propagée par deux câbles électriques ultralégers reliés à l'arme. La personne touchée est paralysée avant de tomber. C’est tout. Rien de bien méchant me direz vous. Juste 50 000 chtiots volts de rien du tout… et ensuite les policiers sont tranquilles…
Sauf que. Bé oui, sauf votre honneur, monsieur S, selon Amnesty International, ces armes ont causé plusieurs dizaines de décès aux Etats-Unis depuis les années 90 (Le Temps, 27.11.2004) : 70 personnes ces 3 dernières années aux Etats-Unis et au Canada (http://www.asile.ch/vivre-ensemble/actualite/lusc.asp).
Et utilisé à hauteur de tête, le pistolet à électrochocs peut aussi provoquer une perte de la vue, porter atteinte au système nerveux ou défigurer la personne (http://www.lsdh.net/article.php?id_article=39)
Rappelons également à nos shérifs prompts à dégainer, qu’en janvier 2003, le rapporteur spécial sur la torture de la COMMISSION DES DROITS DE L’HOMME a recommandé des mesures pour mettre fin à la production et au commerce de divers instruments de torture y compris « les armes à décharge électrique comme les matraques électriques, les armes neutralisantes, les boucliers à décharge électrique et les armes à fléchettes à décharge électrique (tasers), les ceinturons neutralisants à électrochocs et les dispositifs à impact cinétique; et les substances chimiques utilisées pour maîtriser les foules, comme le gaz lacrymogène et le gaz poivre ».
Pour avoir un petit florilège de l'utilisation rigolote du taser, tapez 1 :
Pour avoir un aperçu de l'utilisation particulière qui pourra être faite en France du taser, tapez 2 :
Maintenant, parlons un peu du cassis si vous le voulez bien... euh du cas Suisse plutôt...
En Suisse, un projet de loi sur l'usage de la contrainte (notamment dans le cadre de l’expulsion d’étrangers pas assez bien habillés, nos pays Européens sont des boîtes de nuit où les videurs sont particulièrement regardant en la matière) avait fait un pas de plus vers la déshumanisation des personnes étrangères. En effet l’utilisation de tasers, mais aussi baillons, etc, avait était acceptée. En décembre 2004, une Conseillère nationale (pas de droite) avait alors interpellé le Conseil fédéral en rappelant qu'en Suisse, les appareils à électrochocs sont interdits pour le bétail. Est-ce compatible d’affirmer haut et fort la solidarité comme valeur, et de traiter certains humains plus mal que des bêtes ?
Toujours est-il que l’utilisation du taser en Suisse aurait été finalement interdite… sous la lever de boucliers (pourtant de non CRS), et la pression populaire… En France, on est capable d’en faire autant je pense (de brebis farcie).
Tiens, vu qu’on parlait de conditions inhumaines… je suis tombé sur ce petit texte :
« Une comparaison avait été effectuée, il y a un certain temps déjà, entre les conditions concrètes de la détention administrative à la prison zurichoise de Waid et les prescriptions de la loi sur la protection des animaux. On était arrivé à ce résultat effarant: dans une cellule où la loi autorisait de mettre au maximum dix chimpanzés, on mettait pratiquement vingt-deux détenus ! ». A méditer. Enfin, si vous voulez, je ne veux pas vous forcer la main, ni vous menacer. Avec un taser niark niark niark...
Et un compte-rendu de la manifestive « no border », Lyon, 30 avril 2005, trouvé sur Internet, qui accompagne la vidéo présentée plus haut :
« Coup de sang des policiers de la BAC, qui ont enlevé une jeune fille de façon très violente, alors que la manifestive du 30 avril n’était pas loin de son terme […]
Répression policière soudaine place des Terreaux
La manifestive, s’inscrivant dans le Festival des Résistances et des Alternatives, a été un moment de musique, de danse, de fête et de revendications fortes et pacifiques, pour une planète sans frontières.
Alors que la queue du cortège festif se trouvait place des Terreaux à hauteur de l’entrée du musée des Beaux Arts, 3 policiers de la BAC, qui n’étaient signalés par aucun brassard, se trouvaient en début de cortège et ont essayé à plusieurs reprises d’arrêter des personnes tout en remontant vers la fin de la manifestation festive. Au moment où ils atteignent la queue du cortège, ils tiennent un manifestant immobilisé ; 3 autres policiers en civil qui étaient cachés derrière une voiture ont surgi sur une personne au sein de la manifestive.
Comme il était impossible de les reconnaître, sans brassards, sans signes distinctifs, la réaction immédiate des personnes environnantes a été de protéger ces personnes, pensant avoir à faire à des provocateurs. Croyant que c’était une simple bagarre sous cette chaude après-midi, plusieurs participant-e-s à cette manifestive, sont venus logiquement s’interposer de façon responsable.
Le premier groupe de policiers en civils qui tentaient d’arrêter des manifestant-e-s a laché prise pour rejoindre leurs voitures. A ce moment-là, sans aucunes sommations, des bombes lacrymogènes ont été lancées par des policiers placés près de l’entrée de la place des Terreaux. Certaines ont atterri au milieu de la place, les gaz atteignant même les terrasses des cafés derrière la fontaine Bartholdi.
Pendant cet évènement explosif, l’autre groupe de civils était aussi repoussé par des manifestants qui ne comprenaient pas ces violences. Entre autres, Virginie et Antoine, qui n’étaient ni déguisés, ni masqués. Ils étaient là comme beaucoup pour faire la fête. Ils ont vu des gens qu’ils ont pris pour des manifestants se bagarrer et ne sachant pas que c’étaient des policiers en civil ils se sont approchés dans l’intention de calmer la bagarre. C’est en arrivant à quelques mètres qu’ils ont vu leurs matraques et leurs flash-ball. Comprenant qu’il avait un flash-ball pointé sur lui, Antoine a écarté un bras en reculant pour repousser la foule, il tenait Virginie à coté de lui par le bras. Une bombe lacrymogène a explosé à leurs pieds. Dans la bousculade qui a suivi, Virginie a été attrapée par les policiers. Alors que la foule était repoussée par les gaz lacrymogènes, ils l’ont alors trainée par les cheveux sur une trentaine de mètres jusqu’à leur voiture qui était garée devant la sortie de Lyon Parc Auto, à l’abri des regards des manifestants repoussés, mais en pleine visibilité des passants sur la place des Terreaux. Elle avait les genoux en sang. Là, ils l’ont plaquée au sol, lui maintenant le visage contre la chaussée, les mains dans le dos, ils l’ont matraquée, et l’ont cognée à coups de pieds. Puis, ils l’ont coincée sous une voiture, une roue dans l’entrejambe et l’ont menottée. Et, ensuite, ils l’ont électrocutée avec un taser, c’est-à-dire une décharge de 50 000 volts, avant d’être emmenée au commissariat central Marius Berliet.
A ce moment un quatrième policier de la BAC, qui lui portait un brassard fluo, se trouvait à quelques mètres tourné vers le public présent sur la place.
Il n’est pas à préciser qu’un samedi après midi sur la place des Terreaux se trouvaient de nombreuses personnes ne faisant pas partie de la manifestation aussi bien sur la place qu’aux terrasses des cafés... Le sérum physiologique a été beaucoup apprécié, car de nombreuses personnes, y compris de jeunes enfants et des personnes plus âgées ont été incommodées par les gaz lacrymogènes.
C’est à s’interroger sur la nécessité et les desseins d’une intervention policière, des proportions qu’elle a prise, et des dangers qu’elle a fait encourir, alors que cette manifestation festive se déroulait dans la bonne humeur. »